Une histoire de peurs
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Une histoire de peurs
Ce ne sont pas les fantômes, les vampires ou les zombies qui me font le plus peur. Non. Mes monstres à moi, je les croise toute l’année. Même en plein jour !!! Aujourd’hui, je vous écris une histoire de peurs.
J’ai peur qu’on me parle comme on parle à un enfant.
J’ai beau être un adulte, il y a des gens qui me parlent comme si j’avais cinq ans. C’est gênant… est-ce que je dois vous répondre en babillant ?
J’ai peur qu’on décide à ma place.
Ce que je dois manger, ce que je dois porter, ou je dois aller, avec qui je peux sortir… J’ai parfois l’impression que tout le monde sait mieux que moi ce qui est bon pour moi. Pourtant, je pensais qu’être adulte, c’était de prendre ses propres décisions ?
J’ai peur qu’on ne me prenne pas au sérieux.
Quand je suis fâché, on pense que je fais une crise qu’on doit contrôler. Quand je suis triste, on pense que c’est à cause de ma déficience intellectuelle. Quand je suis amoureux, on trouve ça dooooont mignon. Pourtant, mes émotions sont aussi vraies et valides que les vôtres.
J’ai peur qu’on me refuse une bière au bar.
Pas parce que je suis mineur… parce que je suis majeure depuis longtemps ! Mais parce que certaines personnes pensent que les adultes qui ont une déficience intellectuelle ne devraient pas boire d’alcool. Pourquoi ? Comme si on nous mettait tous dans un seul panier de préjugés. J’ai le droit de prendre une bière sans la déguiser en jus de pommes !
J’ai peur qu’on parle de moi comme si je n’étais pas là.
Vous savez, quand je suis avec quelqu’un et qu’on pose toutes les questions à la personne qui m’accompagne ? « Est-ce qu’elle veut quelque chose ? » « Est-ce qu’elle comprend ? » Je suis juste ici, devant vous. Vous pouvez me parler directement vous savez ! Et si j’ai de la difficulté, à ce moment, mon accompagnateur m’aidera… ou vous aidera !
J’ai peur qu’on pense que je suis incapable d’aimer.
J’ai envie de tomber amoureux, d’embrasser quelqu’un, d’avoir une relation, peut-être même de vivre en couple. Ça vous rend mal à l’aise que j’aie des besoins affectifs et sexuels, moi aussi ? Lisez cet article publié pour la Saint-Valentin !
J’ai peur qu’on ne voie que ma déficience intellectuelle.
J’ai des qualités, des défauts, des passions, des rêves, j’ai parfois mauvais caractère, j’ai envie de travailler, de contribuer à la société, d’avoir des amis, de sortir le vendredi soir pour aller chanter au karaoké, j’ai envie d’apprendre de nouvelles choses. J’ai des choses à raconter et des opinions à partager. Je suis beaucoup plus qu’un simple diagnostic.
Alors, cette année, pour l’Halloween, je ne me déguiserai pas en monstre.
Je vais simplement être moi-même.
Et j’espère que ça ne fera peur à personne. ;-)
Joyeuse Halloween !